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Otite du baigneur, mycoses, gastro-entérite estivale : les bobos de l'été à ne pas négliger
le 14/07/2026
Chaque été, les cabinets médicaux voient affluer des patients avec des pathologies similaires : une oreille douloureuse après la piscine, un pied qui démange, une digestion qui ne s’est pas remise du pique-nique de la veille. Des pathologies bénignes dans l'immense majorité des cas, mais souvent mal gérées : automédication approximative, consultation repoussée … Pour faire le point sur ces petits maux de l'été et les bons réflexes à adopter, nous avons rencontré le Docteur Mélissa Plais, médecin généraliste au Centre Médical Ramsay Santé Saint-Etienne. Elle exerce au sein d'une équipe pluridisciplinaire composée de généralistes, spécialistes, dentistes et infirmières. Elle était accompagnée d’Imen Guérin Bourdarba, infirmière du centre.
L'otite du baigneur : une otite pas comme les autres
Après des semaines de baignades répétées, en mer comme en piscine, le conduit auditif finit parfois par macérer. C'est l'otite externe, dite « otite du baigneur », à ne pas confondre avec les otites de l'hiver. « Contrairement aux otites hivernales, qui touchent plutôt les enfants sur un mode épidémique, l'otite externe concerne le conduit auditif et peut survenir à n'importe quel âge. Souvent, il n'y a pas de fièvre, mais une douleur lancinante ou des démangeaisons », décrit le Dr Plais.
Premier réflexe à bannir : gratter. « Surtout, ne pas chercher à calmer les démangeaisons en grattant le conduit, notamment avec un coton tige », insiste la généraliste, au risque d'aggraver l'irritation et de surinfecter. La bonne conduite ? « Maintenir l'oreille la plus sèche possible, éviter de mettre la tête sous l'eau le temps de la guérison, et utiliser des gouttes auriculaires spécifiques, sur prescription, pour apaiser l'inflammation et traiter la cause. » Un signe doit en revanche pousser à consulter sans attendre précise l’infirmière : « un écoulement qui sort de l'oreille doit alerter ».
Mycoses et pieds meurtris : chaleur, humidité et macération
L'été est aussi le terrain de jeu favori des champignons, qui adorent le duo chaleur-humidité. « Porter des chaussettes et des chaussures fermées avec la chaleur favorise l'apparition des mycoses - typiquement chez les randonneurs, qui gardent leurs chaussures toute la journée », explique le Dr Plais. Faut-il pour autant vivre pieds nus ? Pas si simple : « à l'inverse, marcher pieds nus ou en claquettes qui tiennent mal expose aux blessures : piqûres d'oursins, morceaux de gravier… En rivière ou à la plage, des chaussures de protection évitent vraiment ces désagréments et permettent de profiter agréablement ».
Pour tenir les mycoses à distance, quelques règles simples suffisent : bien se sécher après chaque baignade, en insistant sur les pieds, les espaces entre les orteils et les oreilles, et ne pas partager son linge de toilette : « chacun sa serviette », résume la praticienne. En cas de lésion qui s'étend, qui démange ou qui touche un ongle, une consultation permet de confirmer le diagnostic et d'adapter le traitement antifongique, plutôt que de multiplier les crèmes au hasard.
Gastro-entérite estivale : l'ennemie sort de la glacière
Autre grande classique de la saison : la gastro-entérite. Contrairement à sa cousine hivernale, d'origine virale, la version estivale est le plus souvent bactérienne, favorisée par la chaleur et les repas en plein air. « Ce sont souvent des bactéries présentes dans un fromage non cuit mal conservé dans la glacière, ou une mayonnaise restée au chaud. Et le fait de manger à l'extérieur, quand tout le monde pioche dans le même paquet de chips, favorise la contamination d'une personne à l'autre : cela peut créer de petites épidémies », détaille le Dr Plais.
Règle d'or côté prévention : maintenir la chaîne du froid, avec des pains de glace dans la glacière, et ne pas laisser traîner les aliments frais. « Pas plus de quatre heures hors du réfrigérateur, et par forte chaleur, une heure maximum », précise le médecin, sans oublier l'hygiène des mains, au gel hydroalcoolique s'il n'y a pas de point d'eau.
Si la gastro s'invite malgré tout, l'enjeu principal est la déshydratation, en particulier chez les enfants et les personnes âgées. « Ces diarrhées bactériennes ont un vrai potentiel de déshydratation. Il faut maintenir une hydratation suffisante et régulière. Si la prise alimentaire relance la diarrhée, mieux vaut rester un peu à la diète et boire le plus possible : cela fait passer les symptômes la plupart du temps chez l'adulte », indique le Dr Plais. Certains signes doivent en revanche alerter : « une diarrhée accompagnée de fièvre, de traces de sang ou de glaires doit amener à consulter, pour réaliser une recherche microbiologique et traiter en conséquence ».
Enfin, en cas de baignade en lac ou en rivière, un réflexe s'impose : vérifier la qualité de l'eau. Certains sites peuvent être interdits à la baignade par la préfecture en raison de la prolifération de bactéries, qui présentent un risque pour la santé, avec à la clé irritations cutanées ou diarrhées. Mieux vaut donc se renseigner avant de se jeter à l'eau.
Le plus grand danger de l’été : le coup de chaud
Un dernier ennemi de l'été mérite une vigilance particulière : la chaleur elle-même. « On voit arriver des personnes jeunes, dans la vingtaine ou la trentaine, dans des états de déshydratation avancée après être restées longtemps au soleil entre midi et 16 heures », témoigne l'infirmière du centre. Et le Dr Plais de compléter : « on se croit protégé parce qu'on a la casquette, le t-shirt et la crème solaire. Mais rester exposé à la chaleur sans boire suffit pour un coup de chaleur. » Son astuce pour s'auto-surveiller : la couleur des urines. « Plus les urines sont concentrées et foncées, plus on est à risque de déshydratation. Des urines claires, c'est parfait. Et il ne faut pas attendre d'avoir soif pour boire régulièrement. » En complément de l'hydratation et de la surveillance des urines, l'utilisation de brumisateurs ou de linges humides permet de faire diminuer la température corporelle et de lutter contre l'hyperthermie.
Le message de la généraliste aux familles qui bouclent leurs valises tient finalement en trois mots : anticiper, s'hydrater, consulter. Avec une trousse à pharmacie bien pensée, quelques réflexes d'hygiène et un peu de bon sens face au soleil, la plupart des bobos de l'été resteront ce qu'ils doivent être : de mauvais souvenirs vite oubliés.
La trousse à pharmacie de l'été, validée par le médecin, à glisser dans les bagages avant le départ :
• De quoi désinfecter et panser : antiseptique, compresses, pansements -indispensables pour les coupures des pieds nus, les écorchures et les petites brûlures de barbecue.
• La crème solaire : « vraiment essentielle », à renouveler régulièrement.
• Du paracétamol pour la douleur et la fièvre.
• Des sachets de réhydratation orale si l'on voyage avec de jeunes enfants, pour maintenir une bonne hydratation en cas de diarrhée.
• Un antidiarrhéique conseillé en amont par son médecin, pour les adultes en bonne santé.
• Un tire-tique : disponible en pharmacie, simple à utiliser, il rend service dès les premières balades en herbes hautes.
• Un soin apaisant pour les piqûres d'insectes : « un produit conseillé par le pharmacien pour soulager les démangeaisons ». L'aloé vera, aux propriétés très apaisantes, peut également être utilisé : le passage à la pharmacie, sans être obligatoire, reste donc conseillé. Contre les moustiques, le répulsif seul ne suffit souvent pas : vêtements longs et légers, voire moustiquaire en zone exposée.
• Du gel hydroalcoolique pour l'hygiène des mains lors des repas en plein air.