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Dans les coulisses du CERS Capbreton, un établissement Ramsay Santé qui rééduque les sportifs de haut niveau

le 24/02/2026

Dans les coulisses du CERS Capbreton, un établissement Ramsay Santé qui rééduque les sportifs de haut niveau

Ligament croisé rompu, opération du ménisque, fracture complexe… Pour les sportifs de haut niveau, une blessure peut signifier des mois loin des terrains. Au CERS (Centre Européen de Rééducation du Sportif) Capbreton, établissement Ramsay Santé spécialisé dans la rééducation fonctionnelle, l'objectif est clair : permettre aux sportifs un retour dans les meilleurs délais et les meilleures conditions. Avec 3 200 parcours par an et une reconnaissance nationale, ce centre aux équipements de pointe accompagne des athlètes de haut niveau – du compétiteur régional au champion olympique. Vincent Delcros, Directeur général de l'établissement depuis 25 ans, nous dévoile les coulisses de cette prise en charge unique.

Le CERS Capbreton est reconnu pour la prise en charge des sportifs de haut niveau. Qu'est-ce qui caractérise votre centre ?

Notre approche repose sur trois piliers :

  • Des équipements de pointe d’isocinétisme (technique de renforcement musculaire où la vitesse du mouvement est contrôlée par une machine) avec des appareils qui permettent de mesurer précisément les déficits de force et ainsi de quantifier les objectifs de rééducation. Nous avons également des tapis Alter G qui offrent la possibilité de reprendre la course ou la marche en apesanteur, sans poids ni douleur, pour favoriser la récupération.
  • Des espaces adaptés. Nous avons trois types d’espaces complémentaires : un premier dédié à la mécanothérapie classique, un deuxième à la balnéothérapie, et des espaces extérieurs pour la reprise de la course. 
  • La pluridisciplinarité exercée sur un même lieu et dans un même temps. Nous avons quatre plateaux où kinésithérapeutes et préparateurs physiques collaborent ensemble. Cette proximité permet de gagner du temps et en compétence. Notre équipe rassemble une centaine de professionnels : médecins, kinés, préparateurs physiques, aides-soignantes, diététiciennes, ergothérapeutes, psychologues. 

À qui sont destinés les parcours de soins du CERS ?

Nous avons une convention avec la Sécurité sociale qui définit précisément les profils que nous pouvons accueillir. Nous prenons en charge les sportifs compétiteurs à partir du niveau régional, les professeurs de sport (moniteurs de ski, professeurs d'EPS, etc.), les étudiants des filières STAPS, ainsi que l'ensemble des CSP liées à la sécurité du pays : militaires, gendarmes, pompiers. 

Comment s'organise concrètement le parcours d'un sportif au CERS, de son arrivée à sa sortie ?

Dès l'arrivée, le patient passe une visite médicale comprenant des évaluations cliniques et fonctionnelles. Cette première étape permet de définir avec le patient les objectifs pour le séjour à venir (qui est le plus souvent de trois semaines).

À partir de cet examen, le médecin établit ensuite un programme de rééducation personnalisé et pluridisciplinaire. Au minimum, chaque patient bénéficie de kinésithérapie et de préparation physique, mais nous pouvons aussi intégrer de l'ergothérapie pour les membres supérieurs, un suivi diététique, un accompagnement psychologique. Notre équipe d'infirmières et d'aides-soignantes intervient pour les soins médicaux, mais aussi sur la récupération avec des bains froids, du Game Ready (thérapie combinant froid et compression pour accélérer la récupération) et des bottes de pressothérapie qui favorisent la régénération musculaire.

Ce programme est réévalué chaque semaine pour l'adapter aux besoins de chaque sportif : ajouter des soins, augmenter ou réduire la charge de travail selon l'évolution. Cette flexibilité nous permet d'affiner constamment la prise en charge.

En fin de séjour, nous faisons le bilan des progrès accomplis lors d'une visite de sortie, et déterminons si un séjour complémentaire est nécessaire. Pour certaines pathologies comme les ligamentoplasties du genou ou les polytraumatismes, trois séjours peuvent être nécessaires.

Je tiens à souligner que même la restauration collective est pensée comme un soin. Les menus sont élaborés en collaboration entre notre diététicienne et notre chef, avec des apports nutritionnels adaptés aux grands sportifs. 

Tous les patients arrivent-ils au même stade de leur rééducation ?

Nous accueillons trois types de séjours, notamment pour les ligaments croisés. Il y a le post-opératoire dans le premier mois, la rééducation avancée au cours du deuxième mois, et la réhabilitation au troisième mois – c'est là que nous sommes le plus efficaces car nous pouvons vraiment exploiter tous nos équipements. C'est souvent le meilleur moment de la rééducation.

L'idée n'est pas forcément de prendre le patient le plus tôt possible, mais au moment où la rééducation sera la plus efficace. Aujourd'hui, de plus en plus de personnes viennent à distance de l'intervention, généralement entre le troisième et le cinquième mois.

Quelles sont les pathologies les plus fréquentes que vous traitez ?

Le genou reste majoritaire avec environ 65 % de nos prises en charge. Ensuite viennent le rachis, la cheville et d'autres traumatologies. Cette proportion a évolué, il y a 25 ans, nous traitions 85 % de genoux. Aujourd'hui, nous avons diversifié notre activité avec par exemple des traumatismes aux épaules, des polytraumatismes, ou encore des blessés par balle chez les CSP de sécurité.

Vous avez une vocation nationale. D'où viennent vos patients ?

Nous accueillons des patients de tous les départements français, et même de l'international. Nous travaillons avec environ 1 200 prescripteurs en France : médecins du sport, médecins de club ou de fédération, chirurgiens. Notre réputation s'est construite dans la durée et nous permet aujourd'hui d'accompagner des athlètes de tous horizons.

Quel est le profil type de vos patients aujourd'hui ?

L'âge moyen est de 27 ans, avec 70 % d'hommes et 30 % de femmes. Cette proportion de femmes est en augmentation, ce qui reflète plusieurs évolutions : davantage de femmes pratiquent des sports de haut niveau, notamment avec le développement des sections féminines de rugby, football, handball. Par ailleurs, les femmes présentent plus de risques de blessures, notamment des ligaments.

Si le rugby et le football restent majoritaires, nous avons aujourd'hui vraiment tous les sports représentés. C'est une belle diversification par rapport à il y a 25 ans, où notre patient type était un rugbyman de la région qui restait quatre semaines en internat. Aujourd'hui, nous proposons aussi bien de l'hospitalisation complète que de l'hôpital de jour.

Vous avez accompagné de nombreux champions. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Aux Jeux Olympiques de Paris 2024, 80 athlètes représentant la France étaient d'anciens patients du CERS. Ils ont remporté une trentaine de médailles. C'est une fierté immense pour toute l'équipe et la preuve de l'efficacité de notre approche.

Nous avons également accompagné des rugbymen et des footballeurs renommés, par exemple Antoine Dupont, Ronaldo, Franck Ribéry ou Yoann Gourcuff. Mais nous suivons aussi énormément d'athlètes moins médiatiques qui sont champions du monde dans leur discipline. 

Avec 25 ans d'expertise et 3 200 parcours annuels, le CERS Capbreton illustre comment la concentration d'expertises et d'équipements de pointe transforme la rééducation sportive en un accompagnement sur mesure, capable de ramener des athlètes au plus haut niveau international.

 1. Clinique du Sport - https://www.chirurgiedusport.com/nos-specialites/fragilite-particuliere-du-ligament-croise-chez-la-femme-au-cours-de-lexercice-sportif-raisons-et-attitudes-therapeutiques/