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PMA : un projet de recherche sur l'analyse non invasive d’embryons

le 09/05/2022

L’Institut de fertilité de la Clinique La Croix du Sud (Ramsay Santé), située à Quint-Fonsegrives (Haute-Garonne), participe à une étude sur l'analyse non invasive d'embryons pour les traitements de PMA.

L’Institut de fertilité de la Clinique La Croix du Sud (Ramsay Santé), située à Quint-Fonsegrives (Haute-Garonne), participe à une étude sur l'analyse non invasive d'embryons pour les traitements de PMA. Le Dr Alexandra Chiron, responsable du centre d’Assistance médicale à la procréation, et le Dr Daniela Nogueira, directrice scientifique et embryologiste, nous expliquent les bénéfices que pourrait apporter cette technologie de pointe.

À l’heure actuelle, l’analyse génétique des embryons se réalise via la technique DPI (Diagnostic génétique préimplantatoire). « Elle consiste en l’extraction de quelques cellules des embryons à analyser, pour connaître leur constitution chromosomique et déterminer leur potentielle altération ». En France, cette technique, assez invasive, n’est autorisée que pour exclure une anomalie génétique importante, afin d’éviter sa transmission à l’enfant. Elle consiste à établir un diagnostic génétique sur un embryon (obtenu par fécondation in vitro) avant qu’il ne soit porté par la femme. Cette dernière pourra alors ensuite débuter une grossesse avec un embryon sain, sans anomalies chromosomiques.

« Pour autant, la plupart des échecs d’implantation et des causes de fausses-couches s’expliquent par l’aneuploïdie embryonnaire », déclare le Dr Daniela Nogueira. Il est d’ailleurs établi que le pourcentage d’ovocytes aneuploïdes augmente avec l’âge de la patiente, entraînant alors un taux de fausses-couches croissant (étant donné qu’après l’âge de 40 ans, une grossesse sur deux peut mener à un échec). « Certaines patientes font face à ce type de situation de manière répétitive. Cela ne peut être résolu par une prise en charge classique en AMP (assistance médicale à la procréation », ajoute l’experte.

Un projet de recherche sur une analyse non-invasive des embryons

Ces dernières années, une nouvelle approche non-invasive est à l’étude. Cette dernière est basée sur le fait que les embryons libèrent des fragments d’ADN dans leur milieu de culture, lors de leur développement in vitro (notamment à partir du 4e jour). 

« L'avantage de cette technique par rapport à l’analyse classique est qu’elle ne nécessite pas de prélever des cellules de l’embryon. Il s'agit d’une méthode non invasive qui ne l’endommage pas. Elle a pour objectif de réduire le nombre de cycles nécessaires pour tomber enceinte », détaille le Dr Alexandra Chiron, responsable du centre d’Assistance médicale à la procréation. « 25 % des patientes prises en charge dans notre centre ont plus de 38 ans. 12 % d’entre-elles ont plus de 40 ans. Cette technique permettrait d’optimiser leur prise en charge (étant donné que le nombre de demandes d’AMP est en constante augmentation), notamment celle de patientes présentant des fausses-couches à répétition » ajoute la spécialiste. 

« Nous avons effectué une demande réussie d’un projet de recherche clinique et nous collaborons actuellement avec le laboratoire Gen-Bio (groupe Inovie) pour pouvoir utiliser cette technique au fort potentiel. Nous espérons pouvoir la proposer à nos patients dans un futur proche », conclut le Dr Nogueira.